Bonjour. Le sujet d’aujourd’hui, la solitude, est peut-être le plus paradoxal de notre temps.
Nous n’avons jamais été aussi connectés, et jamais, nous dit-on, aussi seuls. Les réseaux sociaux nous offrent des centaines d’amis à portée de clic, et pourtant le sentiment de solitude progresse, au point que certains pays en ont fait un enjeu de santé publique. Comment expliquer un tel paradoxe ?
Il faut d’abord distinguer la solitude subie de la solitude choisie. Celle-ci est un trésor. Elle est la condition de la lecture, de la réflexion, de la création. Les grands esprits, des ermites aux écrivains, ont toujours su qu’on ne pense vraiment que dans le silence. Une certaine solitude est nécessaire à qui veut se rencontrer soi-même.
Mais la solitude subie est une tout autre affaire. Elle ne nourrit pas ; elle vide. Elle est cette absence qui pèse, ce silence que rien ne vient rompre. Elle frappe les personnes âgées, les malades, les exclus, mais aussi, de plus en plus, les jeunes, paradoxalement entourés d’amis virtuels et désespérément seuls face à leur écran.
D’où vient cette épidémie silencieuse ? Nos sociétés ont exalté l’individu, sa liberté, son autonomie. C’est un progrès immense. Mais à force de célébrer l’indépendance, on a érodé les liens : la famille s’est dispersée, le voisinage s’est délié, les communautés se sont défaites. Nous voici libres, et parfois démunis.
Il y a aussi, dans la solitude moderne, une part d’illusion. Nous confondons la connexion avec la relation. Un échange de messages n’est pas une conversation ; un profil n’est pas une présence. Nous croyons être entourés, et nous ne sommes que reliés.
Pourtant, il serait faux de désespérer. La solitude n’est pas une fatalité. Elle se combat par des gestes simples : une visite, un appel, une présence offerte sans raison. Lutter contre la solitude des autres, c’est aussi, bien souvent, apaiser la sienne.
Car la solitude, au fond, n’est pas l’absence des autres. C’est l’absence de sens partagé. Et c’est ensemble que nous la conjurons.
Merci de votre attention, et à bientôt.
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