La langue française

Bonjour. Il m’a semblé qu’à ce niveau, il était temps de rendre hommage à la langue qui nous réunit, à la langue française elle-même.

On dit volontiers du français qu’il est la langue de la précision, et il est vrai qu’il a la réputation, parfois moquée, d’être soucieux de l’exactitude. Cette réputation a une histoire. Pendant des siècles, le français fut la langue de la diplomatie européenne, des traités et des cours. On lui demandait de ne rien laisser dans l’ombre, de dire les choses avec une clarté presque chirurgicale. De là vient, sans doute, cette syntaxe exigeante, cet ordre des mots auquel il faut se plier, ces accords innombrables qui font le désespoir des écoliers et la joie des grammairiens.

Mais le français est aussi une langue musicale. Sa mélodie, ses liaisons, ses nasales, lui donnent une sonorité que le monde entier associe au charme et à l’élégance. Il y a, dans la façon dont le français enchaîne les sons, une caresse que les poètes ont su exploiter à l’envi.

C’est une langue qui pense. Sa richesse conceptuelle, sa capacité à distinguer des nuances subtiles, en font un instrument admirable pour la philosophie et le droit. On peut, en français, exprimer des idées d’une finesse rare, là où d’autres langues doivent contourner.

Il serait pourtant malhonnête d’en faire un monument figé. Le français est une langue vivante, et c’est tant mieux. Il s’est nourri de toutes les langues, du grec à l’arabe, de l’italien à l’anglais. Les puristes qui le voudraient immuable se condamnent à le voir mourir ; une langue qui n’emprunte plus est une langue qui s’éteint.

Ce qui est certain, c’est qu’apprendre le français, jusqu’à ce niveau de maîtrise, c’est accéder à autre chose qu’un vocabulaire : c’est entrer dans une façon de raisonner, de sentir, de plaisanter. Une langue n’est pas un simple outil ; elle est une âme.

Alors, si vous m’écoutez aujourd’hui avec cette aisance, sachez que vous ne parlez pas seulement une langue. Vous habitez une civilisation, avec ses ombres et ses lumières.

Continuez, sans jamais cesser de vous étonner de cette langue que vous faites vôtre.

Merci de votre écoute, et à bientôt.


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