Le sens du travail

Bonjour. Terminons ce parcours par une question qui occupe chacun de nous, et qui traverse toute une vie : le sens du travail.

Nous passons au travail une part considérable de notre existence. Des dizaines d’années, des milliers d’heures, consacrées à une activité que, bien souvent, nous n’avons pas librement choisie. Il est donc légitime de se demander ce que nous y cherchons, et ce que nous y trouvons.

Longtemps, la réponse fut simple : on travaillait pour vivre. Le travail était une nécessité, un moyen de subsistance, et l’on ne songeait guère à lui demander davantage. Le sens était ailleurs, dans la famille, la foi, la communauté. Le travail, lui, n’avait pas à être épanouissant ; il devait nourrir.

Notre époque a tout changé. À mesure que la religion reculait et que la communauté se défaisait, le travail est devenu, pour beaucoup, le lieu où l’on espère se réaliser. On lui demande désormais d’avoir du sens, d’être une vocation, de nous accomplir. Cette exigence nouvelle est une libération, mais aussi un fardeau. Car le travail, hélas, ne tient pas toujours ses promesses.

Il y a ceux dont le travail est une passion, et ceux dont il est une corvée. Ceux qui s’y épanouissent, et ceux qui s’y épuisent. Le « bullshit job », cette expression anglaise passée dans le langage courant, désigne ces emplois dont ceux qui les occupent eux-mêmes peinent à dire l’utilité. Travailler sans rien produire de signifiant, c’est une forme moderne de souffrance.

Il faut pourtant se garder de mépriser le travail manuel, trop longtemps tenu pour subalterne. Un artisan qui façonne, une soignante qui soulage, un paysan qui nourrit, accomplissent des tâches d’une dignité incomparable. Le sens n’est pas l’apanage des métiers intellectuels.

Peut-être, au fond, le travail ne devrait-il être ni une idole ni une malédiction, mais une contribution. Contribuer, par son effort, à la vie commune, et en tirer de quoi vivre dignement : voilà un équilibre à la fois modeste et ambitieux.

Travailler pour vivre, sans jamais oublier que l’on ne vit pas seulement pour travailler. C’est, peut-être, toute la sagesse du labeur.

Merci de votre écoute, et à bientôt.


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